Qui dit jour férié dit naturellement article sportif. Pour une fois, c’est promis, je ne parlerai pas de vélo, mais de tennis. En bon parisien, mon lecteur s’intéresse au tennis deux semaines par an, et ne sait pas bien à quoi s’attendre pour le tournoi de la porte d’Auteuil. Tout au plus se doute-t-il que Nadal vaincra Federer en finale, que Mauresmo décevra, et qu’Arnaud Clément perdra au premier tour au terme d’un match en 5 sets qui contraindra à retarder le journal de 20h. Voici quelques indications pour ne pas paraître trop désorienté dans les dîners en villes ces deux prochaines semaines.
Au préalable, je voudrais dire quelques mots sur Roland Garros. J’ai toujours été fasciné par la courte vie de cet homme, diplômé de la promotion 1908 d’HEC, qui donna son nom au plus important tournoi de tennis de l’hexagone sans pour autant avoir été joueur de tennis lui-même. Dès sa jeunesse, il fut champion interscolaire de cyclisme, champion interscolaire de football avec son lycée, premier prix de piano, puis rugbyman au Stade Français. A sa sortie d’HEC, il se passionne rapidement pour l’aviation, dont il est considéré dès 1911 – il n’a pas 23 ans – comme un précurseur. Enfin, en 1913, il traverse la Méditerranée à la boussole, consommant 195 des 200 litres embarqués pour la traversée. Arrive la guerre. Engagé volontaire dès 1914, il met au point le premier avion de chasse monoplace, avec lequel il abat trois avions allemands coup sur coup. Trois ans prisonnier en Allemagne, il s’évade en 1918, juste à temps pour remporter une dernière victoire contre l’aviation allemande, puis d’être abattu le 2 octobre 1918 à moins de 30 ans.
Mais revenons au tennis ! S’agissant du tournoi masculin, mon lecteur ne se trompe pas. Rafael Nadal apparaît en effet comme le favori, vaincu seulement une fois cette saison sur terre battue, par Roger Federer. Le serbe Djokovic, finaliste face à Nadal à Monte Carlo et à Rome, où il bat Federer, est le troisième grand favori. L’écossais Murray, vainqueur du relevé tournoi du Miami, mais moins à l’aise sur terre battue, le jeune argentin Del Potro, l’espagnol Verdasco comptent parmi les autres favoris. Du côté français, c’est presque le désert. Gaël Monfils, demi-finaliste l’an passé, est blessé. Jo-Wilfried Tsonga a remporté un seul match sur terre battue cette saison. On connaît les déboires de Richard Gasquet. Reste donc le seul Gilles Simon, qui fut quart de finaliste à l’Open d’Australie en janvier, et occupe la septième place mondiale, mais n’a gagné qu’un match à Roland-Garros en 4 participations.
Chez les femmes, il y a peu de chances que la victoire échappe à la Russie. Ces dernières semaines, Dinara Safina, la petite soeur de Marat Safin, finaliste l’an passé, et Svetlana Kuznetsova, finaliste en 2006, se sont affirmé comme les femmes en forme du moment. Leurs compatriotes Zvonareva et Dementieva, finaliste en 2004, compteront également parmi les favorites. Pour contrer l’armada russe, les Etats-Unis compteront sur les éternelles sœurs Williams, dont Roland-Garros n’est cependant pas le tournoi favori : Serena ne l’a emporté qu’une fois, en 2002, et Venus n’a été qu’une fois en finale, la même année contre sa soeur. Cela ne date pas d’hier. D’autres pays compteront sur les jeunes : la Bélarusse Victoria Azarenka et la Danoise Caroline Wozniacki, 19 et 18 ans, portent les espoirs de la génération montante. Enfin, les deux serbes, Jankovic et Ivanovic, la tenante du titre, toutes deux presque imbattables à Roland-Garros depuis deux ans, semblent très loin du niveau qui leur avait permis d’atteindre la première place mondiale. Côté français, pour la 11e année consécutive, Amélie Mauresmo semble la plus susceptible de s’illustrer. En effet, les plus jeunes Marion Bartoli et Alizé Cornet enchaînent les défaites depuis plusieurs semaines, quand Mauresmo s’est brillamment qualifiée pour les demi-finales du tournoi de Madrid la semaine dernière.
Chez les hommes comme chez les femmes, il me semble bien peu probable que Yannick Noah ou Mary Pierce trouvent cette année leur successeur. Les interruptions par la pluie ne seront pas non plus défaites : il faudra attendre 2012 au moins pour voir le court central couvert d’un toit pliant.
Je serai absent ces prochains jours. Bon week-end de l’Ascension !
Publié par thibaudcontamine